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La folie dans les terrains de camping

article publié sur le site web de la tribune.ca par Benoit Sabourin le 1er juin 2020


Sans surprise, les terrains de camping de l’Outaouais, comme partout au Québec, ont été pris d’assaut par de nombreux caravaniers, lundi, lors de l’ouverture de leurs portes.


«Aujourd’hui n’est peut-être pas la meilleure journée pour vous parler. J’ai une lignée dehors et nous sommes deux pour contrôler tout ça.» Ces mots, ce sont ceux de Stéphane Duguay, le copropriétaire du Camping L’Ange-Gardien, situé sur le chemin Lamarche, lorsque joint par le journaliste du Droit, lundi matin.


Ce dernier, qui entame sa 11e saison à la barre de l’entreprise avec sa conjointe Sylvie Villeneuve, avait du pain sur la planche pour cette journée de lancement de saison de camping pour le moins inusitée.


Le site basé à L’Ange-Gardien, à quelques minutes du secteur Masson-Angers, à Gatineau, dispose de 98 emplacements, dont 45 sont dédiés à une clientèle de campeurs saisonniers. Le soleil venait à peine de se lever, hier, que des habitués de l’endroit attendaient déjà pour entrer sur place afin d’accéder à leur terrain. «Mes saisonniers avaient tellement hâte que ça ouvre qu’ils sont ici depuis 6h ce matin. Ils arrivent un après l’autre.»


Chaque personne qui franchit le Camping L’Ange-Gardien obtient des directives claires sur les mesures sanitaires à respecter afin de limiter la propagation de la COVID-19.


«Ce qu’on explique aux campeurs, à mesure qu’ils entrent sur le site, c’est qu’ils ne peuvent pas se recueillir plus de 10 personnes autour de leur feu en soirée. C’est la même règle de rassemblement qui s’applique qu’en dehors du camping. Si physiquement un terrain ne permet pas par exemple d’accueillir plus de six personnes à la fois, en respectant les deux mètres de distanciation, les gens doivent se conformer. Il est là le défi», souligne M. Duguay.


« Si quelqu’un décide de venir camper avec sa tente cette semaine, je vais l’accepter. Tout est prêt et je vais lui débarrer les portes. »

Stéphane Duguay


Les blocs sanitaires, qui regroupent les douches et salles de bains, demeureront également fermés dans le camping. Les seuls clients qui peuvent avoir accès à ces installations sont ceux qui campent dans une tente ou dans une tente-roulotte et qui n’ont pas accès à une toilette ou à des sources d’eau. Des premiers campeurs se trouvant dans cette catégorie devraient arriver le week-end prochain.


«Si quelqu’un décide de venir camper avec sa tente cette semaine, je vais l’accepter. Tout est prêt et je vais lui débarrer les portes. Mais si je n’ai pas ce type de clients, ça reste barré pour l’instant parce que ça ne vaut pas la peine de faire nettoyer les blocs sanitaires plusieurs fois par jour», explique M. Duguay.

Plus de campeurs durant la semaine


Au Camping Saint-André-Avellin, dans la Petite-Nation, à une soixantaine de kilomètres de là, on accueille environ 90% de «voyageurs» chaque année. Il y a donc peu de saisonniers qui viennent profiter de la vaste propriété offrant 195 emplacements en plus de proposer des unités de «prêt-à-camper».


«Les réservations du côté des voyageurs, c’est la folie. Un peu avant que la ministre Proulx annonce l’ouverture des campings, la semaine dernière, ç’a parti en fou. On attend quelques voyageurs ces prochains jours, mais ça va vraiment commencer à rentrer vendredi», a confié le copropriétaire de l’endroit, Yvon Charbonneau au Droit, lundi.


L’entreprise lance habituellement ses opérations lors de la grande fin de semaine de la Journée nationale des patriotes, mais cela fait deux ans que l’ouverture doit être décalée. En 2019, les inondations printanières étaient en cause. «On commence à être habitués de commencer en retard», a lancé M. Charbonneau avec une pointe d’humour noir.


L’homme d’affaires demeure confiant que cette saison 2020, même si elle sera singulière en raison des mesures sanitaires à suivre et du contexte de la pandémie, sera profitable. Déjà, des réservations sont effectuées à des moments moins communs qu’à l’accoutumé.


«Habituellement, ça part vraiment la fin de semaine avant le 24 juin et après, ça roule pour le reste de l’été, mais cette année, on s’attend à avoir d’ici là plus de gens en semaine que la normale parce que beaucoup de personnes ne sont pas retournées au travail. Les fins de semaine vont aussi être presque complètes, ce qui n’est pas la normale à ce temps-ci de l’année», observe M. Charbonneau.

+ Le camping s’adapte bien dans l’Est ontarien


La situation semble sous contrôle sur les terrains de camping privés de l’Est ontarien, alors que ces derniers sont déjà accessibles aux vacanciers saisonniers depuis le 16 mai dans la province. 


Dans le cas du camping Paradis, à Bourget, les premiers jours de la réouverture se sont déroulés sans anicroche. Le site accueille jusqu’à présent des dizaines de vacanciers saisonniers alors qu’une centaine de ses terrains sont occupés. La gérante du camping, Marie-France Aumont, affirme qu’à l’heure actuelle, tout se déroule rondement. «Tout ce qui est lieu public demeure fermé; les piscines, les parcs. Les gens sont très respectueux. Ce sont des adultes, ils savent ce qu’ils font et ce qu’ils doivent respecter». 


«On a tous la crainte que si [les règles] ne sont pas respectées, le gouvernement change d’avis et ferme les campings de nouveau. Ce n’est pas à l’avantage de personne de ne pas respecter les règles», souligne pour sa part Éric Bourbonnais, propriétaire du camping Mapleview à Clarence-Rockland.


Lors du début de sa première phase de déconfinement, il y a deux semaines, le gouvernement de Doug Ford avait permis aux vacanciers saisonniers d’accéder aux terrains de camping privés dans la province. Les vacanciers journaliers n’ont cependant toujours pas accès aux différents sites, afin de limiter les chances que le virus se propage. «On a plusieurs campeurs qui ont décidé de devenir saisonniers pour cette année, afin de pouvoir profiter des terrains», ajoute M. Bourbonnais. 


Mme Aumont ajoute recevoir depuis les dernières semaines plusieurs appels de vacanciers journaliers pour leur part impatients de se voir donner l’accès au site. «Je reçois [des appels] surtout depuis que le Québec a annoncé de leur côté l’ouverture à tout le monde. On espère que la décision sera prise en Ontario prochainement aussi». 


Rappelons que le gouvernement ontarien a également réintroduit lundi les accès au camping en arrière-pays dans les parcs provinciaux et dans les terres de la Couronne, grâce à l’ouverture de points d’accès, de sentiers et d’itinéraires de canotage. 


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